Aux États-Unis, la prohibition a duré de 1920 à 1933, période pendant laquelle la nation américaine pouvait "illégalement" boire tous les jours de l'année. Elle a été une école et une université pour le crime organisé. Elle a opposé les "dry" et les "wet". Enfin, elle a amené les citoyens américains à violer la loi de façon constante.
Lorsqu'elle s'est terminée en 1933, la nation américaine a continué de boire mais il y avait des restrictions qui allaient de mineures (pas d'alcool le dimanche) à majeures (prohibition dans certains états). A ce moment, le crime organisé s'est adapté et a trouvé d'autre vices a faire rapporter. De leur côté, les "dry" se sont recyclés dans la prévention et le traitement de l'alcoolisme (fondation des AA).
La principale leçon tirée est qu'on ne doit pas édicter une loi affectant toute une population pour un petit pourcentage de gens de qui ont des problèmes de consommation.
Les États-Unis se retrouvent encore en campagne électorale pour la présidence, pour la Chambre des Représentants au complet et pour le tiers des sénateurs. C'est le pays démocratique où le cycle électoral est le plus court: 2 ans. Un cycle de même durés s'applique aussi aux gouvernements des états. Un des résultats de la courte durée de ce cycle est que les élus américains passent presque 70% de leur temps à amasser des fonds pour leur ré-élection ce qui ne leur laisse que 30% de leur temps pour légiférer.
Du côté républicain, la lutte pour la nomination est très serrée. Parti favori, Mitt Romney semblait avoir gagné les primaires en Iowa et au New Hamshire jusqu'au moment où un recomptage a vu Rick Santorum triompher en Iowa. Les primaires de la Caroline du Sud ont tout changé alors que Newt Gingrich y a remporté une victoire éclatante (40% contre 27%). Actuellement, il ne reste plus que quatre candidats: les deux favoris, Romney et Gingrich, se lancent des accusations presque toujours vraies alors que les deux autres n'ont que peu d'importance. Romney a le financement et l'organisation pour continuer alors que Newt Gingrich a le momentum. Cependant, Newt Gingrich est un homme de tempérament qui pourrait s'auto-détruire dans les semaines qui viennent.
Du coté démocrate, le choix est simple: Barack Obama est le Président et il va être le candidat démocrate. Hier soir, son discours sur l'état de l'union a entamé sa campagne sur le thème de l'équité (fairness) entre les américains.
Quel va être le résultat de cette campagne. Un certain nombre d'experts laissent entendre que si l'économie américaine se porte bien en 2012, Obama va être réélu. Dans le cas contraire, n'importe quel républicain va être élu.
Hier soir, Charlie Rose a interviewé David Ignatius du "The Washington Post," Gary Sick de l'Université Columbia ainsi que John Miller, ancien agent du FBI, sur la situation qui prévaut en Iran suite à la menace de sanctions supplémentaires de l'ONU suite à la poursuite de son programme nucléaire.
Très récemment, quelques scientifiques du programme nucléaire iranien ont été assassinés dans des circonstances assez obscures, l'un d'entre eux victime d'un attentat à la bombre qui, dans des circonstances semblables, aurait été qualifié d'attentat terroriste s'il était survenu ailleurs qu'en Iran. Les invités étaient tous d'accord pour soupçonner des interventions de services secrets étrangers (lire américains et israéliens) car ces événements sont survenus à un moment où des pourparlers entre les États-Unis et l'iran étaient possibles à Istamboul. Il leur semblait évident que ces pourparlers ne font pas l'affaire du gouvernement d'Israël. Pour ce qui est des interventions étrangères contre l'Iran et son programme, la Secrétire d'État des États-Unis, Hilary Clinton, a nié toute intervention américaine.
Il leur semblait aussi évident que la confrontation avec l'iran est rendue à un point de rupture qui pourrait avoir des conséquences encore imprévisibles. On parle d'un embargo sur le pétrole iranien qui serait un véritable acte de guerre selon Gary Sick. L'Iran parle d'un blocus du détroit d'Ormuz par lequel passe environ 20% de la production pétrolière mondiale qui ferait monter le pris du brut à des niveaux encore jamais vus. Une attaque massive des Israéliens sur le sites nucléaires iraniens semble aussi possible dans lequel cas, les États-Unis seraient ceux qui supporteraient les coûts de la guerre. C'est une situation très dangereuse qui, si elle n'entraine pas une guerre ouverte, entrainerait certainement des attentats terroristes contre des intérêts américains et israéliens un peu partout dans le monde selon John Miller.
Selon Gary Sick, le gros problème suscité par les pourparlers vient du fait que l'Iran ne présente pas des négociateurs plénipotentiaires: on ne sais pas qui peut prendre des décisions, le "leader" suprème Ali Khamenei ou le président Mahmoud Ahmadinejad. C'est une situation à suivre.